Un peu de change, s'il vous plaît !
Par Benoit Côté, directeur général de PECH, organisme communautaire dont les pratiques d'intervention sont orientées sur le rétablissement.
L'itinérant, symbole de liberté et d'errance brute ou vagabond de rêve, devient vite un sdf, un psychotique, un toxicomane, un délinquant, un judiciarisé, un brûleur de ressources dans le lexique d'exclusion des intervenants. "On" a peur de l'itinérant! Comment parler de l'intervention en situation de crise dans un milieu intrisèquement en "sur-vie", la rue, avec ses violences, ses règles, ses fabuleuses exigences d'adaptation: une sorte de néo-libéralisme de l'exclusion. Faut-il revoir nos critères d'admission et nos pratiques dans les services de crise? Comment les services de crise peuvent-ils mieux supporter les ressources en itinérance?